Une fin à tout.

Oui, le temps des Fêtes est bel et bien TERMINÉ.

Le sapin est dans boîte, les boules dans le sac, les guirlandes, par-dessus, tout ça empilé dans mon fabuleux “locker”.

J’en ai profité pour jeter des “sets” de lumières qui ne fonctionnaient plus, pour pas faire comme à chaque année depuis mille ans. C’est-à-dire me surprendre que les “sets” ne fonctionnent pas tous et tenter par tous les moyens de les faire marcher en interchangeant les minis ampoules. Et finir par les remettre dans le fond de la boîte marquée “Nowel” plutôt que de m’en débarrasser.

Ce qui m’amène à poser la question suivante… interchanger… est-ce un mot? Parce que WordPress me signale une faute.

En attendant vos nombreuses réponses (dont certaines me diront: “Va voir su l’Internet, on trouve toute toute toute su c’t'affaire-là!”), voici ma liste des résolutions clichées dont il faut se débarrasser ou, dans le pire des cas, updater afin de les mettre au goût du jour.

 

1. Perdre 10 livres.

Qu’essé ça? Perdre 10 livres. Pourquoi pas 15? Ou 20? Je suis certaine que vous avez plus que 10 livres à perdre. Vous êtes tous gros et mous. Ça va faire, les résolutions de pépère. Ok, en 1970, vous étiez tous minces, et la résolution clichée était de perdre 3 livres. Mais en 2011, tout le monde est gros. Voilà, c’est dit. (et non, je ne suis pas anorexique.) (faut préciser, je sais, car avec un statement comme celui-là, faut être nécessairement anorexique.)

 

2. Utiliser plus de produits verts.

Non, pas utiliser plus de produits verts. Parce que là-dedans, il y a le bout de phrase “utiliser plus de”, ce qui veut dire “consommer plus”, et cela va à l’encontre de votre résolution no. 5 qui dit que vous voulez moins consommer. Cessez simplement d’utiliser quoi que ce soit, vous polluerez moins.

 

3. Moins prendre ma voiture en ville.

Vous êtes mieux de ne pas vous garocher sur les Bixi, car si le matin je n’en trouve pas de disponible, je fais exploser toutes les stations. Ok? Prenez le métro comme tous les autres et allez vous serrez comme des sardines pendant que je roulerai, épanouie, dans la ville.

 

4. M’inscrire au gym.

Ça, c’est une super résolution. Je suis fière de vous. Fière de votre faculté à vous faire des “accroire”. Non mais, quel abruti êtes-vous de vraiment croire que vous passerez l’année au gym? Vous ferez exactement comme tout le monde. C’est-à-dire vous inscrire en panique au début de l’année, honteux des livres accumulées dans le temps des Fêtes. Vous irez à deux ou trois séances, trouverez plutôt désagréable la sensation de sueur et du coeur qui se débat dans votre poitrine. Vous irez par la suite une fois par mois, pour la conscience. Puis déserterez le gym jusqu’à l’année suivante. Vous continuerez tout de même de payer. Pour la conscience. C’est de cette façon que les Nautilus Plus réussissent à vivre! Comment pourraient-ils si seuls les gens qui le fréquentent cotisaient?

 

5. Moins consommer.

Oui, on a tous notre passe “communiste” quand une nouvelle année se pointe le bout du nez. On déteste le capitalisme et la consommation. On en veut aux Américains, on veut devenir bohème et vivre en simplicité volontaire. On se laisse tomber les faux ongles, on ne retouche plus notre teinture, on prépare de la bouffe maison pour le chien. La raison est simple: on est en beau fusil d’avoir tant dépensé pour les cadeaux. On a tant donné, autant reçu, mais plusieurs trucs qui vont finir aux vidanges. Des deux côtés. On achète et on jète. C’est le festival de l’échange de cossins inutiles. D’où le conseil que je donne souvent quand les gens me demandent: “Marie, que dois-je offrir à Noël?”. De l’argent. Donnez de l’argent. Je n’ai pas dit que c’était super plaisant, par contre. Pour deux raisons:

Si les deux parties s’échangent le même montant d’argent, cela n’est d’aucune utilité.

Si une des deux parties donne un montant moindre, 50% des parties sera amère.

 

Conclusion

Plutôt que de prendre des résolutions absurdes chaque début de janvier, prenez en tout le long de l’année. Prenez-les dans votre tête. Ne les partagez que si elles relèvent du génie. Genre, “Cette année, je réussis à battre mon record de changer de sous-vêtements 4 fois en 5 secondes.”

 


Ooops I, did it again!

Oublier qu’on a un blogue. C’est mon quotidien.

Voici un texte pas drôle, lu au Cabaret des Auteurs du dimanche, dimanche dernier. Avis aux gens qui n’aiment pas lire: ne le lisez pas. (pis sacrez-moi votre camp d’ici, c’t'un blogue bâtard de verra sale!)

C’est un texte écrit en une semaine, pas corrigé, pas vraiment relu, bref, une première version.

 

Scrupuleusement

 

L’asphalte dort. Couché sur le dos, il dort dur. C’est tout ce qu’il fait. Il ne roupille jamais sur le côté, ses jambes deviennent rapidement engourdies. Alors il sommeille, fesses contre sol. Sans oreiller, il s’assoupit, le regard dirigé vers le ciel. Il n’aime pas avoir le cou cassé. Ni le visage étouffé dans l’oreiller. Il est capricieux. Il est dur. Il dort dur.

Mais on ne lui en veut pas. Il fait son travail.

À ce moment-ci du texte, votre subconscient et le mien, je l’espère, auront assimilé l’information quant au réel sexe de l’asphalte. Et ce, grâce à la multitude de pronoms “il” scrupuleusement utilisés. Car moi, l’asphalte, je l’ai toujours cru féminin. Et je ne veux  surtout pas démarrer la machine à cancans…

Herby Moreau n’est jamais loin.

Mais…

N’est-ce pas lui que j’ai vu, pas plus tard qu’hier, se pavaner en talons hauts, jupe courte et string affriolant?

L’asphalte, pas Herby Moreau!

Je ne veux surtout pas qu’on m’étiquette “porteuse de préjugés”. J’adore Mado Lamothe. Encore faut-il que l’asphalte le dise une fois pour toute. “Je suis un travesti, et vous pouvez donc, en effet, m’interpeller ainsi: une asphalte.”

Alors c’était une journée bien ordinaire, un certain lundi. Évidemment que c’était ordinaire. Un lundi, c’est toujours ordinaire. Parce que les gens retournent au boulot. Parce qu’ils sont effectivement en déni. Le deuil du week-end est entamé. Le dimanche, tout juste après Tout le monde en parle, ils apprennent de plein fouet que le week-end est bel et bien mort. Déni et état de choc sont les réactions normales suite à une annonce pareille. Le lundi matin, les travailleurs ont l’air d’automates. La douleur est si grande qu’ils ne ressentent plus rien.

Puis, c’est la deuxième étape du deuil qui se pointe. Une colère est ressentie face à la perte. Le mardi, les travailleurs se rendent au boulot en maugréant. Ils en veulent au week-end d’être mort. Et suit le marchandage. Une phase remplie de négociations,  de chantage.

Le mercredi, déjà, on tente de convaincre le patron de nous donner congé le vendredi. Devant le refus, on songe à des stratagèmes nous permettant de quitter plus tôt. On feint une entorse. On feint un rendez-vous chez le médecin. On feint un devoir mangé par le chien. C’est la réaction du désespéré. On tente par tous les moyens de retrouver notre week-end bien aimé.

Toutes ces étapes nous menant lentement mais sûrement vers l’acceptation, phase souvent observée le vendredi après-midi. On accepte enfin que le week-end est bel et bien derrière nous. Qu’ils nous a quitté mais que la vie, elle, continue. Et de toute façon, c’est généralement à ce moment qu’un nouveau week-end débute.

L’homme est un hamster qui coure sans cesse dans une roue de métal.

Alors nous sommes lundi. L’asphalte dort, c’est le déni général. On parle encore de ce qui s’est passé la veille à Tout le monde en parle et l’homme est un hamster qui tourne en rond.

Il faut dire aussi qu’il pleut des clous. C’est un lundi gris. La pluie, elle, ne se sent pas affectée du temps gris. Elle a toujours la tête dans les nuages. Et quand elle réalise pour un bref moment que le monde ce n’est pas celui des rêves et qu’elle débarque enfin de son nuage, on sait que c’est peine perdue. Avoir les pieds sur Terre, c’est beaucoup trop ennuyant pour la pluie. Les torrents, l’éphémère, c’est ce qui la tient en vie.

Dehors, c’est lundi. Mais on ne sait plus que ça. Sur le coin de la rue, une horloge. Sans dire mot, elle mène le monde. Fine renarde, elle peut bousculer des vies en un claquement d’aiguilles. Sur l’horloge du coin de la rue, il est donc 9 heures. Depuis très longtemps. Parce l’heure s’en fout. L’heure en a trop pris sur ses épaules, en a jamais vraiment parlé à personne et maintenant, elle se claque un burn out. Même l’heure a ses pattern psychologiques.

Alors l’heure est partie en vacances.

Elle se justifiera plus tard ainsi: “Le temps passe et je n’ai plus 20 ans. La vie file à toute allure et je réalise qu’elle ne tient à presque rien. Vous comprendrez vous aussi, en vieillissant, que plus on vieillit, plus le temps passe vite. J’ai besoin de prendre une pause. Pourrez-vous m’en vouloir, vraiment, de penser à moi, pour une fois?”

Elle disparaitra tout juste après cette phrase.

Puis, elle reviendra, pour poser une dernière question: “Pour le meilleur massage, est-ce que je devrais aller au Polar bear ou au Spa Eastman?” Elle ne laissera derrière elle qu’un objet, sur sa table de chevet. On y retrouve un livre. “The Power of now.” Traduction: le pouvoir du moment présent.

Alors nous sommes lundi. L’asphalte dort, c’est le déni général. On parle encore de ce qui s’est passé la veille à Tout le monde en parle et l’homme est un hamster qui tourne en rond. L’heure, elle, a définitivement quitté la place.

L’air est donc au matin, le soleil, lui, s’endort. Il baille une fois. Puis une autre. Et déjà, Saturne baille à son tour. Puis Vénus, puis Mars. L’univers est pris d’un baillement contagieux. Sur le chemin du retour, les travailleurs, fraichement douchés, débutent leur journée. Parce qu’il est encore 9 heures. Une femme, au grand déplaisir de tous, sent encore le Chanel no 5 à plein nez, comme si elle venait tout juste de s’en spoutcher. Une légende racontera plus tard que ce jour-là, elle aurait vidé une bouteille en entier, sans même s’en rendre compte. Parce que ce jour-là, elle aurait vécu 10 000 matins.

Nous sommes lundi. Et les tours se dressent, fidèles au poste.

Elles ne le disent pas, que la nuit, elles s’étendent dans les rues de la ville pour dormir. Les tours sont des sans-abris urbaines. Mais elles sont bien, toutes nues. Véritable illusion d’un temps figé, les tours tiennent la santé mentale de l’humanité entre leurs mains. Aux bureaucrates chevronnés, elles font office de stabilité. Aux économistes échevelés, elles font mine de bonne santé.

Alors c’est lundi. L’asphalte dort, et l’homme est un hamster qui tourne en rond. Ça empeste le Chanel no 5, les tours se fatiguent, il est toujours 9 heures.

Les tours, maintenant, tombent. Les morts se revirent dans leurs tombes. Car il est 9 heures depuis trop longtemps. On n’y croit plus. Les tours ne savent plus de qui, le soleil ou l’heure, croire. La boule de feu, en colère, brille comme jamais. Elle fait pression sur l’heure qui elle, ne bronche toujours pas. Sa devise est: “En vacances, je ne réponds pas au téléphone.” Elle ne prend même pas ses courriels. Et de toute façon, entendrons-nous de ses amis plus tard, son téléphone était low batt, cette journée-là.

Alors c’est un lundi, il pleut, l’asphalte dort, l’heure prend une pause, les tours se couchent et le soleil, en colère, chauffe la Terre de toute sa puissance.

Les gens bronzent. Ils brûlent, lentement. La femme au parfum sent la fleur chauffée. La Terre a une allure de pot-pourri.

Bientôt, le monde s’écroule de ne pas avoir su lire l’heure.

Épilogue

Il y a une plante qui ne veut pas mourir.

Mourir, ça prend un seul r car on ne meurt qu’une seule fois.


Si je blogue sur la neige, vous avez le droit de me tuer

Pourquoi tant de colère face aux gens qui parlent de la neige? Est-ce si mal de parler de ce qui nous tombe sur la tête, nous retarde au travail, nous fait tomber par terre (et parfois même nous créant un bleu immense sur la fesse droite)?

Dimanche, il y a eu Tout le monde en parle, lundi, on en parlait encore. Jamais personne n’exprime sa profonde écoeurantite face au fait qu’on en parle. Et pourtant, Tout le monde en parle, ça arrive chaque dimanche. Depuis un sacré bon bout de temps. On ne devrait plus avoir de réaction.  Mais on en revient toujours pas. On en revient pas, de la nouvelle coupe de cheveux séparée dans le milieu de Guy. On en revient pas, de sa presque’barbe (nouveau mot empruntant la forme au mot presqu’île). On en revient pas! Qui qui n’en revient pas? Moi!

Et déjà, mardi s’est pointé le bout du nez. La veille, il y a eu tempête. On change de sujet. Finito, Jean Charest.

Et honnêtement, ça me rassure un peu, qu’il neige. C’est dire que l’hiver est bien parmi nous, que notre climat ne s’est pas métamorphosé en un climat tropical, finalement. Que Sorel-Tracy n’est pas la future Punta Cana. (Pas que vous m’en verriez fâchée, ça serait quand même bon pour l’économie, Punta Cana à Sorel.)

Mais déjà, faudrait demander un moratoire pour l’exploitation de notre nouvelle ressource. Avant que tous les hauts dirigeants et dignitaires (et amis de!) s’y installent pour s’y bâtir une résidence secondaire. Ou encore avant qu’un riche américain, en échange d’un financement au parti, se voit offrir les lieux par le gouvernement pour y bâtir un immense resort. J’imagine déjà les pauvres Sorelois tenter d’en profiter du mieux qu’ils peuvent en allant vendre des cochonneries, clandestinement, aux vacanciers sur la plage.

C’est la première vraie neige. Ce sont les premières vraies mitaines perdues. Alors, de quoi voulez-vous qu’on parle?

 

 

 

 


Le travail d’un Premier ministre

Oui, le travail d’un Premier ministre n’est pas chose facile. Car il est à la merci de l’opinion publique, plutôt bipolaire, disons-le franchement. Même s’il prétend ne pas l’être, il est forcément le représentant de notre population, et se doit, malgré ses intérêts (financiers, idéologiques, et ainsi de suite) d’être à l’écoute du peuple qu’il “dirige”.

Le cas des gaz de schiste me fait très peur. Je revois à l’occasion le documentaire de Richard Desjardins, L’erreur boréale, et je vous invite à le re visionner. Car il nous fait voir un côté peu connu (mais de plus en plus) de la population: les magouilles entre gouvernements et riches PDG de multinationales. Le docu trace un portrait plutôt difficile à croire de la situation de nos forêts tels que “gérés” par notre bon gouvernement. Oui, ça date de quelques années, mais le parallèle est facile à faire: conséquences graves sur l’environnement (coupes à blanc) et le sentiment d’avoir littéralement DONNÉ une ressource qui aurait dû revenir aux Québécois.

On y voit une stratégie qui à la base, peut paraître saine: faire rouler l’économie en encourageant les industries d’ailleurs à venir s’installer chez nous. Est-ce cela qui arrivera?

Dans le cas présent, on entend un Jean Charest affirmer que parce “qu’on a pas les facultés pour bien l’exploiter”, on va donner le contrôler de NOTRE ressource à d’autres gens. C’est son excuse à la question que tout le monde pose: “pourquoi ne pas nationaliser?” Et à qui, pensez-vous, qu’il confiera le projet? Pas à Mononcle Ethier certain.

Autant dire donner une mine d’or à des déjà milliardaires. Qui vont évidemment s’en mettre encore plus dans les poches. Et nous, bon peuple québécois, on en retire quoi?

Oui, Jean Charest a été très bien préparé pour son passage à Tout le monde en parle. Facile, on savait déjà quelles questions on allait lui poser. Une équipe travaille pour lui dans cet objectif. Répondre vaguement, en ayant l’air sûr de lui, voilà la mission qu’on lui avait donné.

Au-delà des mises en demeure et des diffamations (c’est vrai, se traiter de mafiosos et de débiles mentaux et etc., ça relève de la garderie), au-delà de nos idéologies (indépendantistes, de droite, de gauche, de centre et etc.), je crois fermement qu’en tant que population, électeurs, dans une démocratie gagnée et acquise, nous avons le droit de ne pas se faire prendre pour des tarés. La démocratie, pour moi, ce n’est pas seulement au moment du vote. C’est à tous les jours qu’elle doit se faire valoir. Et agir dans “l’intérêt de tous”, ça ne se fait pas à coup de décisions égocentriques.

 


La chienne

Je l’ai vue, l’autre matin. La vache. Elle est sournoise, arrivée de nul part. Elle est bien couchée, elle dort, toute relaxe. Elle chille, comme dirait un de mes anciens étudiants adolescents. Un autre maudit tata qui croyait avoir tout vu de la vie, qui me tapait sur les nerfs juste en parlant (ouais… je ne suis pas bien bien patiente, avec les ados.) (et non… je ne suis pas née pour être prof.) (oui, je sais, au grand déshonneur de mes parents, qui eux, sont d’excellents profs.)

Je parle de ma ride. MA PREMIÈRE RIDE. Qui dort, juste sous mon oeil gauche (le droit, pour vous) (à moins que vous me regardiez dans un miroir.)

Elle est creuse, à part de ça. Creuse comme une ride de vieille peau vieille. Pléonasme justifié, ok?

Premier matin, j’ai tenté la cuillère dans le congélo. C’était un peu désagréable de se sacrer ça sous l’oeil. Un peu froid, je dirais. (Mais oui, grosse conne, c’est une cuillère FROIDE que tu t’es sacrée sur la peau!)

Deuxième matin, j’ai paniqué. Elle y était toujours. J’ai mis du cache cernes. J’ai essayé de remplir la ride de cache cernes. Comme une rivière, il s’est écoulé, suivant le courant.

Troisième matin, j’ai considéré le Botox. Je suis juste trop pauvre pour. (Mais vous pouvez faire des dons, je les accepte sans gêne.)

**

C’est un deuil, tout ça. Le deuil de la jeunesse éternelle. Aujourd’hui, je peux dire que je comprends comment se sent Cher. Je peux dire, sans crainte, que je ressens exactement le même sentiment de perte lente de ma vitalité. J’ai mal aux genoux, en plus. Imaginez! Si je suis assise en “indien” plus de 3 minutes, me relever relève du défi à la “Le moment de vérité”. Mes genoux ont la mémoire courte. Une fois pliés, ils ne se souviennent plus qu’ils ont déjà été dépliés. Pas que je sache si un genou, au fond, ça plie vraiment.

**

Alors s’il n’y a pas de quoi déprimer, je me demande vraiment ce que ça vous prend.

 

 

 

 

 


Penser à demain

Bon. Je suis écoeurée. Genre… fatiguée. Comme… tannée. T’sais veux dire?                                                                                                (oui, je sais, cette phrase fait un peu toune de générique d’un Watatatow dark)

Je ne parle pas de ma vie, là. Je veux exprimer un truc qui me tape vraiment sur les gosses (vous savez déjà que j’aime parler de ces gosses métaphoriques) et j’ai nommé “les gens qui ne savent pas profiter du moment présent.”

Donc, moi, un peu. Mais surtout, plusieurs autres.

Tu me parles de l’argent que tu n’as pas accumulé comme tu avais prévu car habituellement tu mets 50 000$ de côté chaque année pour des imprévus qui vont peut-être arriver un jour? Ça m’énerve.

Tu me parles d’un projet qui aura peut-être lieu dans 5 ans mais tu ne sais pas alors tu fais des boutons partout sur le corps d’angoisse reliée à cette insatisfaction de ne pas savoir exactement ce qui va se passer dans l’avenir? Ça m’énerve.

Tu te plains de ta condition actuelle alors qu’on sait pertinemment bien que tout le monde tuerait pour vivre ta vie? Ça m’énerve.

 

Ça m’insulte. Genre, ça me fait perdre patience. Style, comme, genre, TU MES LES CASSES! (Ouais… je feel un peu bipolaire entre deux états internes: mon adolescente intérieure et l’accent parisien qui est en train de m’envahir.) (ça donne de drôles de phrases…)

Non mais, c’est quoi, ce comportement de merde? Toujours se plaindre au lieu de vivre le moment présent. Toujours angoisser en craignant ce qui arrivera demain. Juste penser au fait que ma nature me pousse à me comporter ainsi me fait suer de la boue bleue.

Parfois, être en présence de quelqu’un qui se comporte comme vous mais à l’extrême, ça mène à une réflexion véritable. Une prise de conscience de ce qu’on pourrait devenir si on ne réalise pas l’ampleur de nos conneries de pattern. Alors cher pattern, c’est ici que ton périple se termine. Voici un joli couteau avec lequel je trancherai tout ce que tu es. Et vlan! Pattern, tu ressembles désormais à un Slinky qu’on jette du haut de l’Oratoire St-Joseph.

 

*Ce billet digne d’une montée de lait pure est une présentation de l’auteure et de ses lectures du bouquin The power of now et non de l’écoute de The power of love. Il est aussi une présentation des années 90, fièrement représentées par Watatatow et le fameux Slinky.


C’est cher, déprimer à Paris

À 5 euros le café crème, ça fait cher la vie d’artiste ténébreuse dans les cafés parisiens.

Oui, vous avez bien lu, je suis à Paris. Il est 17h50 ici, alors que chez vous, il est 11h50. C’est fou, n’est-ce pas? Ça ne me rentre pas dans la tête. Je mange à des heures pas possibles, je dors à des heures pas possibles. Sale décalage horaire, tu me tiens par les gosses! (Je pose ici une note à cet effet. Je n’ai pas de vraies gosses. Ce sont des gosses métaphoriques. Genre. Une image.)

C’est une retraite glamour, venir seule à Paris. Je ne suis pas assez intense pour aller faire des trucs de méditation en Chine, et puis rester à Montréal, pour moi, c’est m’occuper de ma maison (lire ménage et compagnie) et donc pas l’endroit parfait pour juste réfléchir.

Oui, réfléchir. Vous savez, cette activité que seuls les gens lourds et près de leurs émotions ont besoin de faire quotidiennement?

Donc voilà pour les nouvelles. Je vous laisse sur ma prose du moment.

 

L’asphalte dort.

Et moi je roule, et roule,

Dans ma bagnole de rouille.

 

Paysage sur la passerelle

C’est le défilé des grandes artères

Les arbres anorexiques

Ont perdu leur poids d’été

 

Mes phares dans le brouillard

The show must go on

Des milliards de paillettes de pluie

Ont envahi ma loge

 

L’asphalte pleure

Et moi je glisse, et glisse.

Dans ma bagnole de mouille.

 

 

 


Cliché no 1

Cliché no 1

Je ne suis jamais assez déprimée. Pleurer sans arrêt, ce n’est pas assez.

J’ai le besoin sadique de me déprimer un peu plus en écoutant de la musique déprimante. Comme les en peine d’amour écoute Love hurts.

On a tous un petit bonhomme sado-maso en nous. Le mien, tout vêtu de cuir, est un peu bedonnant. Mais faut pas le lui rappeller, qu’il est bedonnant. Ça lui fait de la peine. Il aurait tellement voulu être tight. Pas plus de 3 pouces de haut, il est particulièrement poilu au dos. Et il aime fouetter ma conscience. Son fouet est tout petit. Mais il le trempe dans l’eau. Pis ça, ça fesse fort.

 

Et la musique triste se fait aller.

J’entends: “I wanna kill myself just to kill the pain.”

C’est quoi c’te parole-là!

Osti que c’est déprimant.

Osti que j’ai mal.

J’AI MAL.

MAL. MAL. MAL.

Mal-roney.

Baloney.

J’ai faim.

 

 

* Note aux lecteurs: des fins de textes en queue de poisson… Eh boboy qu’il y en aura!

 


L’écriture d’une déprimée

Écrire un mot puis aller dans le bain. Écrire un mot puis aller dehors. Écrire deux mots puis s’étendre, sur le sofa. Flatter le chien, pleurer un peu sur son pelage.  Morver aussi. Sur son pelage. Laver le chien. Me brosser les dents. Écrire deux mots. Reprendre un bain. Me crémer parce que c’est l’hiver qui approche. Manger une toast beurre de peanut bananes. Manger une autre banane. Boire un café froid. Froid parce qu’il est vieux. Vieux parce qu’il est midi. Regarder par la fenêtre. Dormir avec le chien. Payer des comptes. Chercher un voyage pas cher. Tourner en rond. Autour du chien. Regarder l’ordinateur. S’y approcher. Hésiter. Pianoter des conneries. Sur Twitter. Sauter sur moi-même pour réveiller mon imagination. Faire de l’aérobie dans ma cuisine, pas de musique, pas de brassière. Avoir mal aux seins. Envie de pipi à cause du café, encore. Considérer l’alcool comme solution. Ne pas avoir d’alcool dans son frigo. Parce qu’on aime pas vraiment l’alcool.

Puis, regarder l’heure. Elle a drôlement avancée. C’est le début du quart de travail de la panique. Déjà.

 


C’est lourd.

Bienvenue sur le blogue d’une déprimée.

Je sais, c’est de la marde comme concept. Personne n’a envie de lire ça. Mais tout ce qui m’inspire, c’est ma “dépression”.

Je dis “dépression”, au fond, personne ne m’a diagnostiqué. Je me suis moi-même déclarée comme telle, parce que, et je me cite: “J’suis laide, j’suis grosse, ma vie c’est de la marde, j’ai une crisse de vie de marde (oui, je sais, je me répète), j’suis conne, je suis écoeurée.” Je dis “dépression” mais c’est probablement juste un cossin du genre “je suis une artiste”. Ou “c’est l’automne.”

Là, je vous vois venir! Venez pas me dire que je suis lourde et déprimante. Tout simplement parce qu’en entendant le mot “lourde”, je vais mal le prendre et penser que vous parlez de mon poids. J’vais me trouver encore plus grosse, déprimer un peu plus et ce blogue ne sera plus qu’un ramassis de pleurs et de crises de nerf. Ce qu’on veut tous éviter. Surtout pour mon Macbook Pro. C’est pas bon des larmes dans un laptop.

Et puis, c’est pas comme si je vendais un livre comme Maudite folle ou Osti de fif. C’est juste un blogue. Ça ne coûte rien à personne. À la limite, vous ne savez même pas que ce blogue existe.

Moi, si je sors un livre, ce sera probablement Osti de grosse truie. J’aimerais bien voir dans le palmarès de Renaud-Bray: Coup de coeur pour Osti de grosse truie.

 

Mais oui, j’exagère, les amis. C’est pour que ce soit un minimum intéressant. Alors, bienvenue.


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